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Une ligne-clé du métro du Grand Paris ne sera pas prête pour les JO de 2024

Les journalistes internationaux désirant couvrir les Jeux olympiques de Paris 2024 vont devoir se faire une raison : le nouveau métro du Grand Paris ne pourra pas les amener dans la capitale. Jean-François Monteils, président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP) depuis le 22 février dernier, n'a pas fait de miracle. Le 13 juillet, le dirigeant a reconnu devant les membres du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris que la ligne 16 n'arriverait pas à temps au Village des médias. « Il nous avait été initia­lement fixé, début 2018, l'objectif de mettre en service la ligne 16 jusqu'au Bourget RER, explique Jean-François Monteils au Figaro. Après constat de l'impossibilité technique d'y parvenir, la réflexion autour d'une “solution dégradée” avancée dans une étude externe a fait l'objet de nombreuses controverses. Mais cette hypothèse n'est pas non plus envisageable. »

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Cette ligne 16 a accumulé les difficultés ces dernières années : arrêt des chantiers en mars-avril 2020, problèmes de désamiantage inattendus sur certains sites et un drame humain avec le décès d'un compagnon. « C'était un objectif symbolique dont il ne faut pas exagérer la portée pratique », relativise le patron de la SGP. Surtout, «la gare de Saint-Denis Pleyel, véritable cathédrale souterraine où vont se croiser les lignes 14, 15, 16 et 17 du métro, sera, elle, achevée en 2024 pour les Jeux olympiques de Paris». Un point crucial car cette interconnexion permettra de faciliter les trajets vers le stade de France et d'accéder au Village des athlètes.

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Le nouveau patron de la SGP a également mis à jour l'ensemble du planning de livraison, qui datait de 2018. La mise en service de l'ensemble de la ligne 16 jusqu'à Clichy-Montfermeil est ainsi renvoyée au dernier trimestre 2026. De même, la ligne 15 Sud aura six mois de retard, avec une mise en service fin 2025. « L'objectif gé­néral de terminer l'ensemble du réseau en 2030 est maintenu, précise toutefois Jean-François Monteils. C'est un objectif qui demeure diffi­cile à tenir, notamment pour les lignes dont l'achèvement prévu est le plus éloigné. Mais, aujourd'hui, je n'ai pas de raison qui justifierait d'aller au-delà. »

Orientations stratégiques

Le planning semble robuste. Seule incertitude : les menaces juridiques. « Il y a une instrumentali­sation du contentieux par certains ­opposants, regrette le président de la SGP. L'exemple emblématique, c'est Notre-Dame-des-Landes. » D'autant que la jurisprudence administrative ne lui semble pas des plus lisibles : « Je ne sais pas anti­ciper la perte d'une autorisation ­environnementale. Et, si cela arrive, cela peut être catastrophique. » Une situation d'autant plus tendue qu'il reste des contentieux lourds sur certains sujets, notamment pour la ligne 17.

Au-delà des opposants déclarés, la SGP veut convaincre les élus concernés par le projet. Car le Grand Paris, c'est 200 km de métro, 68 gares - et quartiers de gare - et 35 milliards d'euros de travaux. « J'ai présenté les nouvelles orientations stratégiques de la Société du Grand Paris devant le conseil de surveillance ce mardi. Le Grand Paris Express est un projet politique. C'est un choix politique des élus locaux d'y participer, de l'accompagner, de ­faire en sorte qu'il réussisse », détaille Jean-François Monteils.

Ces axes stratégiques seront présentés de manière plus détaillée à l'automne. L'ambition environnementale se veut exemplaire, avec la volonté de répondre aux opposants qui mettent ce sujet en avant. Deuxième axe, les futurs quartiers de gare, avec la volonté de demander aux élus locaux ce qu'ils veulent faire. En tenant compte, cependant, des contraintes propres à la SGP: à savoir valoriser ses emprises foncières et participer au rééquilibrage social et environnemental de la région parisienne. Dernier point : le respect des enjeux financiers. « Nous passons à une phase d'exécution contractuelle, critique sur les risques en matière de coût, et nous serons très vigilants sur ce point », prévient Jean-François Monteils.

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