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Contrôle continu au bac : quels ajustements pour la session 2022 ?

Sommaire

La fin des épreuves communes

Contrôle continu et coefficients

Contrôle continu 2022 : avis des syndicats

Contrôle continu au bac : quels ajustements pour la session 2022 ?

[Mis à jour le 29 juin à 13h00] C'est désormais acquis, la note du bac s'apprécie pour 60% sur les résultats des candidats aux épreuves terminales et pour 40% sur la base du contrôle continu. C'était l'une des grandes nouveautés de la réforme du bac défendue par Jean-Michel Blanquer mais à peine un an après sa mise en place et un baccalauréat perturbé par la crise sanitaire, le ministre de l'Education souhaite apporter quelques changements. Si à l'origine les 40% de contrôle continu ont été instaurés pour "valoriser la régularité du travail et les progrès des élèves" tout au long de la première et de la Terminale, il est désormais question de le rendre "plus souple, accompagnant les apprentissages et conduit dans le cadre de la classe" précise le ministère dans un communiqué publié ce 29 juin. Les "propositions d'ajustements" avancées par le ministère concernent uniquement cette partie de l'examen, les lycéens devront donc continuer à réviser en vue des épreuves terminales écrites et orales.

Les épreuves communes supprimées du contrôle continu

La réforme initiale du bac a donné lieu à une forme de notation inédite avec 60% d'examens finaux et 40% de contrôle continu. Cette dernière partie est elle-même scindée en deux pour la session 2021 du baccalauréat : les notes des bulletins scolaires comptent pour 10% et les résultats aux épreuves communes, disséminées en Première et Terminale, pour 30%. Mais si les ajustements proposés sont validés, l'année prochaine ces épreuves intermédiaires censées évaluer la progression des candidats seraient supprimées et le contrôle continu reposerait uniquement sur la "seule moyenne générale issue des moyennes annuelles des bulletins scolaires du cycle terminal".

Nouveaux coefficients pour les matières du tronc commun

Toute suppression induit une compensation, et dans le cadre de la deuxième réforme du bac le ministère de l'Education envisage d'attribuer des coefficients à chaque matière du tronc commun pour remplacer les notes normalement apportées par les épreuves intermédiaires. Dans son communiqué, le ministère fait une première proposition et souhaite créditer les langues vivantes A et B, l'histoire-géographie, l'éducation physique et sportive et l'enseignement scientifique pour la voie générale ou les mathématiques pour la voie technologique d'un coefficient 6, soit compter les moyennes de chaque matière 3 fois en Première et 3 fois en Terminale. L'enseignement de spécialité suivi uniquement pendant une année répondrait à un coefficient 8, moitié moins que pour les spécialités étudiées pendant les deux dernières années de lycée. Enfin, l'enseignement morale et civique serait crédité d'un coefficient moins important, le ministère soumet l'idée d'un coef 2, 1 en Première et 1 en Terminale.

Les syndicats pas convaincus par la réforme

A peine l'ébauche de la réforme est annoncée que les syndicats lèvent leur bouclier. Chaque changement est difficile à faire accepter, Jean-Michel Blanquer a pu s'en rendre compte lors de la mise en place de sa première réforme mais l'expérience ne l'a pas dissuadé de réitérer un peu plus d'un an après. Le ministre de l'Education défend son projet et le présente comme le moyen de mieux accompagner l'apprentissage et la progression des élèves. Or, Sophie Vénétitay, secrétaire générale du premier syndicat du secondaire, le Snes-FSU, redoute que la prise en compte des moyennes générales uniquement n'exacerbe les inégalités entre les lycées. "Ces deux dernières années (...) ont démontré clairement que ce type d'évaluation accroît les inégalités entre élèves et entre établissements", soulignait-elle auprès de France Info, ce 29 juin. D'autres syndicats sont plus virulents à l'égard des modifications, Jean-Rémi Girard, le président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et supérieur (Snalc) alerte sur cette "très, très mauvaise idée" qui va "tuer définitivement le bac" et "finir par créer des bacs locaux". Il s'explique sur le même média : "Le concept d'un examen national, c'est d'essayer de mettre tous les élèves sur la même ligne pour voir ce qui se passe, pour voir ce qu'ils connaissent, pour voir ce qu'ils maîtrisent, quels que soient leur origine sociale ou leur lieu d'étude géographique, etc. Plus on renforce le bulletin, moins on fait ça".