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Tout juste maman, ayez confiance!

Vous le tenez dans vos bras, ce bébé tant désiré, parfois pendant de longs mois... Mais cette longue attente n’empêche pas les interrogations et les doutes. Vous avez le sentiment de ne plus savoir où vous en êtes? Votre confiance en vous s’émousse à mesure que les heures qui vous rapprochent de la sortie de la maternité s’écoulent? Non seulement c’est normal... mais cette baisse de régime pourrait bien vous aider à poser les bases d’un accord parfait entre vous et votre bébé. A condition de respecter quelques principes de base.

Je me repose

«Le sommeil est pour l’ensemble de l’Homme ce que le remontage est à la pendule», disait le philosophe Arthur Shopenhauer. Ce brave Shopi ne se doutait certainement pas qu’il épousait la cause des jeunes mamans éreintées par leurs nuits entrecoupées. C’est pourquoi vous n’hésiterez pas à faire de cette vérité universelle votre nouveau credo. Parce que, petit un, la philo, c’est très tendance. Petit deux, ça vous pose quand même une jeune accouchée de citer Shopenhauer. Petit trois, toutes les mères vous diront que la fatigue est un véritable fléau qui peut vous couper les jambes, au point de vous sentir comme une marathonienne dans les derniers kilomètres. Pensez donc: une enquête écossaise réalisée auprès de jeunes mamans a mis en évidence que «la multiplication des nuits blanches pourrait perturber davantage la conduite automobile qu’un excès de boisson alcoolisée»...

Alors quand il s’agit de s’occuper d’un (voire de deux!) bébé, on peut imaginer que vous n’y voyez plus très clair et que votre discernement maternel s’émousse un brin... Le manque de sommeil peut alors vous rendre fragile au point de vous faire douter de vos capacités à vous occuper de ce bébé.

J’adopte la méthode Coué...

Et je me répète comme un mantra: «Je ne suis pas seule, je ne suis pas obligée de tout faire.» Vous n’arrivez pas à renoncer à l’image de la mère idéale qui gère sa petite famille sans jamais faillir, sans se faire aider, avec un moral d’acier et une taille de guêpe? Si c’est le cas, votre confiance en vous risque de stagner de longs mois au fond du gouffre du post partum. Vous risquez de vous noyer dans un océan de culpabilité et d’auto dépréciation.

La bonne nouvelle dans tout ça? C’est que vous, les jeunes mamans d’aujourd’hui ont un nouveau tour dans leur sac: cet enfant a un papa! Pas bien nouveau, nous direz-vous? Ce qui l’est, en revanche, c’est que désormais, il existe un consensus scientifique au sujet de votre cher et tendre: il a été prouvé, en laboratoire, que les papas aussi ont un cerveau capable de comprendre qu’une couche est pleine. Eux aussi sont dotés de capteurs sensibles analysant, à 2 h 51 du matin, que votre bébé pleure parce qu’il a faim et qu’il sera ravi de voir son papa lui apporter un biberon, pour changer un peu de sa maman exténuée... Les pères ont également bien compris tout le bénéfice social et les sourires attendris (voire envieux) qu’ils peuvent retirer à s’occuper d’un bébé et à prendre en charge des tâches ménagères.

Et tout cela sans oublier de vous regarder avec adoration! Parce qu’il n’y a pas mieux que le regard émerveillé de votre homme pour redorer votre ego et vous sentir la plus fantastique des mamans.

Si j’ai du mal à allaiter, je relativise

S’il est un sujet sur lequel les jeunes mamans ont souvent des doutes, c’est bien celui de l’allaitement. En théorie, et souvent en pratique, le personnel de maternité est de mieux en mieux formé pour accompagner les mamans qui souhaitent allaiter. Si en plus, vous avez pris le temps durant votre grossesse de vous documenter sur ce sujet tellement fascinant, vous pouvez au moins vous féliciter d’avoir mis toutes les chances de votre côté: si vous éprouvez des difficultés, vous n’en êtes pas responsable! D’autant que vos doutes pourraient bien s’entretenir en un cercle très vicieux, quand on sait combien le manque de confiance en soi peut saboter l’allaitement. Oui, il y a parfois de quoi qualifier d’héroïque cette volonté de continuer à tout prix malgré certains déboires! Mais comme vous ne convoitez pas la croix du mérite, une solution s’impose: une fois que vous aurez pris conseil auprès de professionnels en qui vous avez confiance, restez ouverte à vos sensations. Disons-le tout net: «C’est vous qui voyez!»

Non, vous n’êtes pas complètement nulle si l’énergie vous manque pour lutter contre les crevasses, les mamelons ombiliqués, les engorgements et autres problèmes de succion. Non, vous n’êtes pas non plus une mère dénaturée si le nirvana attendu («Tu vas voir, c’est super d’allaiter son bébé!») se révèle un pensum, voire un véritable cauchemar. Faites-vous confiance: si ce plaisir n’est pas au rendez-vous, d’autres bonheurs vous attendent avec votre enfant. Promis!

Je n’écoute pas les «Fais pas ci, fais pas ça»!

C’est prouvé: vous ne rendrez pas votre bébé capricieux si vous le prenez dans vos bras à chaque fois qu’il pleure comme le prétend votre tante Julie. Au contraire, il s’agit de la meilleure façon de le rassurer et d’établir un attachement de qualité. Autant d’éléments indispensables pour parvenir peu à peu à décoder les signes que vous envoie votre bébé!

Cadenassez vos jolies oreilles, d’autant qu’avec tout ce que vous avez lu et écouté durant neuf mois, vous êtes déjà titulaire d’un bac + 5 en maternité. Votre objectif: faire comprendre à ceux qui vous abreuvent de conseils qu’ils vous enfoncent la tête sous l’eau en vous donnant le sentiment d’être incompétente au lieu de vous aider.

Le mieux: sélectionner une ou deux personnes qui ne vous noient pas sous les astuces et avec qui vous pouvez partager vos soucis sans crainte d’être jugée.

Ayez confiance dans vos choix.

La mieux placée pour savoir ce qui convient à cet enfant-là, c’est qui? C’est vous.

Marie Auffret-Pericone

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