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« Le Figaro » aiguise les appétits de Vincent Bolloré et de Bernard Arnault

Dans les imprimeries du groupe Riccobono, à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), en août 2020.

MARTIN BUREAU / AFP

Le Figaro sera-t-il bientôt vendu ? Ou plutôt, les prétendants au rachat du Groupe Figaro (Dassault Médias) réussiront-ils à s’en emparer ? Le plus ancien quotidien français aiguise les appétits. En privé, Vincent Bolloré, qui bâtit un groupe de presse à la vitesse de l’éclair, n’a jamais fait mystère de son envie de mettre un jour la main sur le grand journal de la droite française. Selon les informations du Monde, le patron de Vivendi lorgne l’affaire depuis juin 2018. De son côté, le groupe de luxe de Bernard Arnault, LVMH, aurait fait, avant l’été, une offre pour acheter le titre.

« Le Figaro » aiguise les appétits de Vincent Bolloré et de Bernard Arnault

« Messieurs Arnault et Bolloré ont chacun fait une proposition il y a quelques mois », confirme Laurent Dassault, l’un des enfants de Serge Dassault. Un scénario qui rappelle celui qui s’est joué au début de l’été, lorsque les deux hommes s’étaient affrontés autour du groupe Lagardère, propriétaire, entre autres, d’Europe 1, du Journal du dimanche et de Paris Match. L’actionnaire majoritaire de Vivendi, qui doit finaliser son offre publique d’achat sur le groupe d’Arnaud Lagardère, l’a emporté sur l’empereur du luxe. Toutefois, si l’un et l’autre désirent acquérir des médias, leurs propriétaires ne souhaitent pas forcément s’en séparer.

« Nous avons deux acheteurs, mais ne vendrons pas notre histoire. Nous avons un devoir de mémoire vis-à-vis de notre père, poursuit l’héritier de Serge Dassault. Même pour un milliard d’euros [la valeur souvent avancée pour Le Figaro se situe entre 500 millions et un milliard d’euros]. » Le week-end dernier, un article de Mediapart faisant état de négociations, en ce sens, entre Vincent Bolloré et la famille Dassault, a provoqué un certain émoi, et, pour la première fois, l’hypothèse d’une vente à l’industriel breton a été démentie avec une remarquable véhémence par tous les responsables concernés.

« Abracadabrantesque ! »

Dans le groupe de Bernard Arnault, déjà à la tête de deux quotidiens, Le Parisien et Les Echos, on « réfute » pourtant « formellement que LVMH ait fait une offre pour le Figaro ». « A aucun moment, nous n’avons envisagé, évoqué ou même pensé nous séparer du Figaro », assure également Rudi Roussillon, conseiller pour les activités presse, communication et médias au Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD). « Abracadabrantesque ! », tempête Marc Feuillée, le directeur général du Groupe Figaro (le quotidien et ses magazines, CCM Benchmark, Ticketac, Marco Vasco, Les maisons du voyage, Figaro Classifieds, etc.). On veut nous déstabiliser, c’est une guerre idéologique qui est menée. » Le responsable de la communication de Vivendi, dont Vincent Bolloré est l’actionnaire principal, a aussi balayé devant Mediapart l’hypothèse d’un rachat du titre : « Je n’ai aucun commentaire à faire. »

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