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ENTRETIEN. L’artiste Arthur Navellou jongle entre poésie et musique ce samedi à Sablé-sur-Sarthe

Arthur Navellou, artiste de 34 ans originaire de Chartres (Eure-et-Loir) est à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe) ce samedi 27 novembre 2021 avec une double actualité liée à ses deux passions pour la poésie et pour la musique. Il sera d’abord le matin en dédicaces à la librairie L’Ancre des mots, rue Carnot, de 10 h à 12 h 30, avec son livre de poèmes J’envisage l’impossible, sorti en octobre. Puis, le soir, sur la scène du chapiteau de L’Entracte, à 20 h 30, avec son groupe Catastrophe dans la comédie musicale pop Gong ! Entretien.

Quel est votre parcours ?

Après mon bac général, je suis monté à Paris pour faire une licence d’arts du spectacle et j’ai rencontré plein de gens, dont ceux avec qui je travaille aujourd’hui. J’ai toujours fait de la musique. J’ai commencé les cours de chant à 15 ans. Et parallèlement, j’ai toujours écrit des poèmes. Je suis passé par un conservatoire d’arrondissement, puis j’ai commencé à collaborer avec des compagnies. Et j’ai intégré le groupe Catastrophe en 2016.

D’où vient votre fibre artistique ?

Mes parents travaillaient à l’hôpital. Personne dans ma famille n’exerçait dans le milieu artistique. Mais j’ai toujours eu cette sensibilité. Je crois que j’ai eu envie d’être artiste pour me différencier, sortir d’un schéma tout tracé. D’ailleurs, au départ, je me destinais à devenir comptable, mais j’étais trop bizarre pour faire un métier comme ça.

C’est-à-dire ?

J’ai toujours eu envie de rire quand il ne faut pas, de m’amuser quand c’est triste. Beaucoup de fois, je ne me suis pas senti dans le même état d’esprit que mes congénères quand j’étais plus jeune.

Comment est né votre livre de poésie ?

Sous l’impulsion d’Alexandre Bord (éditeur chez la maison L’iconoclaste) qui lançait une collection de poésie. Il était curieux de ce que j’écrivais. On était au début de l’épidémie et je venais d’avoir un enfant, je partais dans plein de directions. Jusqu’à me fixer dans une direction beaucoup plus autobiographique autour de ma ville d’origine : Chartres. J’ai écrit pendant le confinement, en reprenant un recueil que j’avais déjà de côté mais qui était un peu jeune.

Dans vos textes, vous parlez beaucoup de souvenirs de famille...

ENTRETIEN. L’artiste Arthur Navellou jongle entre poésie et musique ce samedi à Sablé-sur-Sarthe

Toutes les histoires familiales orales, les anecdotes de fin de repas interminables, ça me passionne. L’idée, c’était notamment de travailler sur les choses minuscules du quotidien. Des événements à la fois banals et un peu cruels. Pour célébrer la réalité de la vie, ces personnes du côté de ma famille paternelle, celle qui vivait à Chartres dans un milieu plutôt classe moyenne.

Pourquoi ce titre J’envisage l’impossible ?

Dans mes poèmes, je travaille toujours en regardant ce qui n’est pas possible. Par exemple, à un moment je dis que mes parents sont immortels. Je sais que c’est impossible et pourtant j’envisage qu’ils ne meurent jamais. Il y a aussi ce secret de famille que je dessine en creux, par pudeur, dans certains poèmes, sur un enfant que mes parents auraient dû avoir juste avant moi et qui n’est pas née. La poésie, pour moi, c’est une espèce de grand brouillard dans lequel on perçoit des formes qui disparaissent aussitôt et qu’on essaie de fixer.

Il n’y a pas d’alexandrins ni forcément de rimes dans vos textes... Quel est votre style ?

J’ai plutôt une écriture rythmique, liée à la chanson, mais pour ces poèmes, j’ai enlevé les rimes. C’est bien les rimes, mais ça crée une rengaine, une forme de monotonie. Je voulais quelque chose de plus rude, un peu plus oral et direct pour ne pas déréaliser ce que je voulais raconter.

Parallèlement, vous êtes donc membre du groupe musical Catastrophe pour lequel vous tournez avec le spectacle Gong !...

Nous sommes six membres et nous chantons tous des compositions. Avec des influences qui tournent en ce moment autour de trois Michel : Legrand, Berger et Delpech, qui incarnent trois directions de la chanson française. On est aussi influencés par des artistes anglophones, notamment le rap américain. Nous avons créé la comédie musicale Gong ! en septembre 2020. C’est six personnages dans une salle qui s’interrogent sur le temps, ce temps après lequel beaucoup de gens courent, du lundi au dimanche. On raisonne avec les spectateurs sur cette chose bien étrange et sur comment l’arrêter. Peut-être qu’à Sablé, on va y arriver...

Avez-vous des liens avec Sablé ou la Sarthe justement ?

Je ne connais pas Sablé mais je vis avec une Mancelle que j’ai rencontrée à Paris, donc je suis un peu Manceau !

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Ouest-France.fr