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Performances réseau : dialogue de sourds entre l'Arcep et Free Mobile À la une Ailleurs sur le web 103 commentaires Actualités Tests Galerie Sur MacG et WatchG Actualités Galeries Tests À propos de MacGeneration Les sites de MacGeneration Les services de

Dans son baromètre annuel de qualité des services mobiles publié il y a quelques jours, l'Arcep pousse Free dans les orties. L'opérateur affiche en effet le pire débit moyen en 5G avec 31 Mbit/s contre 142 Mbit/s chez Orange, et il se retrouve bon dernier en débit moyen 2G/3G/4G.

Le débit descendant moyen en 2G/3G/4G (barres claires) et en 2G/3G/4G/5G (barres foncées). Image Arcep.

Free a réagi de deux manières à cette étude : en se félicitant de voir sa stratégie de déploiement validée par l'Arcep... et en pointant du doigt le protocole de relevés utilisé par le régulateur, qui lui donne de si mauvais résultats !

Selon Free, les « disparités » entre les vitesses de téléchargement mesurées par l'Arcep et celles relevées par des outils comme Speedtest ou encore NPerf sont le résultat de l'utilisation par l'Autorité de TCP Cubic. Il s'agit d'un protocole mono-connexion (monothread) qui mesure le temps de téléchargement d'un fichier et en déduit le débit. Dans le principe, le test de l'Arcep consiste à utiliser un seul flux de connexion entre le mobile et le serveur où le fichier à télécharger est hébergé.

Pour la faire courte, le réseau Free Mobile a été optimisé pour un usage à plusieurs connexions (multithread), dont font grand usage de nombreux services en ligne comme iCloud, WeTransfer, Netflix, YouTube... ou encore « quasiment tous les sites web dont celui de l'Arcep », rappelle, perfide, l'opérateur. Ce dernier recommande le protocole TCP BBR, plus récent (il date de 2016, contre 2008 pour Cubic), qui « utilise des estimations de bande passante et de temps d'aller-retour et s'approche de l'optimum théorique ».

L'Arcep a défendu le choix technique de la mono-connexion, en expliquant qu'il s'agit de « l'usage majoritaire sur internet » : « Même lorsque plusieurs applications sont ouvertes sur un mobile, en pratique, la plupart du temps, un seul des flux est utilisé à un instant donné », détaille le régulateur. Qui admet que les applications de crowdsourcing comme celles évoquées par Free reposent sur des tests multi-connexions, ce qui peut « expliquer les différences entre les débits mesurés par l’Arcep et ceux issus de telles applications ».

Bref, chaque camp reste campé sur ses positions et on assiste à un dialogue de sourds. Free livre les résultats de relevés avec le TCP BBR sur 50 adresses à Paris, et par rapport à ceux de l'Arcep, ils sont plus avantageux pour l'opérateur face aux « opérateurs 2, 3 et 4 » (gageons que les couleurs utilisées reflètent celles de leurs logos) :

Pour Free, ses débits sont « similaires ou supérieurs à ceux des concurrents » quand tous les serveurs utilisent TCP BBR et/ou que l'app de mesure ouvre plusieurs connexions TCP. L'opérateur tire deux conclusions : d'une part, qu'en « usage réel », les abonnés bénéficient de débits élevés en 4G et encore plus en 5G. Et d'autre part, que le protocole utilisé par l'Arcep ne reflète pas ces mêmes usages réels des abonnés mobiles et les débits des abonnés Free Mobile.