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POINT DE VUE. Un gros nuage sur l’économie

C’est une évidence de dire que la 5

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vague épidémique ainsi que l’apparition d’un nouveau variant potentiellement inquiétant auront des conséquences sur l’économie. Mais jusqu’où ? C’est la grande question. Eh bien, on peut avancer sans risques de se tromper que l’impact sera limité tant qu’on évitera des fermetures de commerces, de lieux touristiques et de culture, ou même ce qui apparaît le pire, un confinement.

C’est la bonne nouvelle de ces derniers dix-huit mois. De même que la vaccination a produit une décorrélation entre le nombre de cas de Covid et les hospitalisations, il en existe désormais une autre entre la circulation du virus et un coup de grisou économique. Pourquoi ? Grâce à l’incroyable capacité d’adaptation des hommes et des femmes (dans leurs responsabilités, leurs emplois et activités), des technologies et de l’État.

Le résultat, on l’a vu depuis le printemps. La croissance a rebondi spectaculairement et, surtout, est repartie immédiatement. Un peu comme si toutes les voitures, quand un embouteillage se termine, redémarraient en même temps et non pas petit à petit... Quitte à abuser des images, après la récession de 2020 (- 8 %), l’élastique s’est retendu à toute vitesse : en octobre, les entreprises ont embauché comme jamais depuis 2006.

Et maintenant ? Vendredi, les Bourses ont dégringolé (5 % à Paris, 4 % à Francfort, 2,5 % à New York) et cela a donné l’impression d’une panique face au variant Omicron. Mais ça, ce n’est pas important : la Bourse de Paris affiche toujours une hausse de 20 % depuis janvier ! En réalité, tout dépend tellement de nos comportements et de la science qu’il est hasardeux de dire si le gouvernement devra nettement plus serrer la vis.

Trois moteurs

POINT DE VUE. Un gros nuage sur l’économie

Ce qui est rassurant est que la panoplie est désormais large pour contrer le virus. 7,9 milliards de doses de vaccins ont été administrées en onze mois sur la planète (un résultat inouï, quand on y pense), les campagnes de « rappel » démarrent dans tous les pays développés et les laboratoires pharmaceutiques sont sur le qui-vive. Le tandem BioNTech-Pfizer est prêt à sortir un nouveau vaccin en « 100 jours » et Moderna se remue aussi.

Voilà le scénario optimiste : on passera entre les gouttes. L’autre, bien sûr, serait celui où chacun d’entre nous tarderait à adopter des mesures de prudence et où la vague serait trop haute avant que de nouvelles protections médicales arrivent. C’est ce qui s’est passé en Autriche, reconfinée, et aux Pays-Bas, où les commerces non essentiels sont sous couvre-feu depuis hier entre 17 heures et 5 heures du matin.

La seule certitude est tout de même que la reprise ne peut pas, quoi qu’il se passe sur le front épidémique, rester sur le rythme de ces derniers mois. Une fois le rattrapage opéré, on va bien revenir à une situation plus classique, d’autant plus que des grains de sable sont bien présents sur le chemin : les pénuries de puces électroniques, l’encombrement de certains ports dans le monde, un zeste plus ou moins important d’inflation...

À moyen terme, l’économie sera tirée par trois moteurs puissants : le monde d’après sera plus numérique, plus décarboné (avec beaucoup d’investissements) et plus qualifié. C’est le chemin jusqu’à ce moyen terme qui est périlleux, avec un court terme qui provoque sur nous, sur la vie en société et sur l’économie, un fatiguant ascenseur émotionnel, passant sans cesse de l’optimisme au pessimisme et inversement.

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(*) Directeur délégué de la rédaction des Échos.

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