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Fonction publique Suppression de l'ENA : faut-il aller plus loin ?

La suppression de la septuagénaire École nationale d’administration (ENA) doit être entérinée mercredi. Un décret officialisera son remplacement par l’Institut national du service public (INSP) au 1er janvier 2022. Mi-juin, Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, avait été chargé de dessiner les contours de cette nouvelle entité, ainsi que ceux de la Délégation interministérielle à l'encadrement supérieur de l'Etat (DIESE).

Autour d’une équipe de dix profils variés (universitaires, secteur privé et haut-fonctionnaires), il avait pour mission de «décliner les missions qui devront être exercées par les deux institutions, les grands axes de leurs projets stratégiques ainsi qu'un calendrier de déploiement». Son rapport a été remis le vendredi 26 novembre au Premier ministre, Jean Castex. Le gouvernement avait en réalité déjà donné un certain nombre de billes sur ce que serait l’INSP.

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Ce remplacement est en effet l’une des grandes mesures de la réforme de la haute fonction publique initiée par le gouvernement en avril dernier suite au Grand débat national. L’INSP pilotera ainsi un tronc commun de formation pour 14 écoles de la haute fonction publique (ingénieurs, préfets, magistrats...), «afin de donner une culture commune à tous ceux qui se destinent à servir l’intérêt général au plus haut niveau». Cette nouvelle orientation n’est pas remise en question par le rapport Bassères.

Supprimer le classement de sortie

Celui-ci préconise en revanche de mettre fin au classement de sortie de l’école. Ce classement permettait jusqu’alors à la «botte» des énarques – les meilleurs d’entre eux – de rejoindre les grands corps de l’État : le Conseil d’État, la Cour des comptes ou les Inspections générales. «Le choix du poste revient à l’élève seul, en fonction de son classement, ce qui est atypique dans le monde du travail où l’employeur a normalement le dernier mot pour recruter, ou non, son collaborateur», critique le rapport.

Ce système est en réalité déjà abrogé par le gouvernement, qui ne voulait plus laisser les étudiants choisir leur employeur. Les «insparques» devront travailler deux à quatre ans dans la fonction au public, sur le terrain, au sein d’un «grand corps d’administrateurs de l’État» avant de rejoindre les grandes institutions du pays, sur sélection. Raison de plus pour supprimer le classement, selon Jean Bassères.

Le patron de Pôle emploi note également que «l’uniformisation des enseignements et des épreuves qu’il impose en vue de noter les élèves sur une même base empêche toute professionnalisation de la scolarité qui reposerait sur des spécialisations différentes permettant de mieux préparer les élèves à l’exercice de leur premier poste». Enfin, ce classement favoriserait une culture individualiste aux dépens d’une dimension collaborative présente dans des épreuves non-classantes et donc mises de côté par les étudiants.

La ministre de la Transformation et de la fonction publiques, Amélie de Montchalin, a réagi auprès du

Monde

à cette proposition. Et ne ferme pas la porte. «La raison d’être de notre réforme [est de] recruter des hauts fonctionnaires là où l’État en a besoin. Le but est donc de sortir du classement, une fois que l’on aura élaboré un mécanisme qui conserve l’excellence, qui soit lisible, transparent et qui évite la cooptation. Je demanderai au nouveau directeur de faire des propositions. Mais en 2022, on aura encore probablement recours au classement.»

Fonction publique Suppression de l'ENA : faut-il aller plus loin ?

Mettre fin à l'épreuve de culture générale

Le rapport suggère également de supprimer l’épreuve reine de culture générale à l’entrée, «en raison de son caractère discriminant». «La commission estime que la composition de question contemporaine [...] porte essentiellement sur des sujets de sciences politiques, favorisant ainsi la réussite des candidats issus d’un institut d’études politiques», précise-t-il. Jean Bassères et son équipe préconisent aussi de supprimer le contrôle de niveau des connaissances à l’oral pour se focaliser sur le parcours et les motivations des candidats.

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Amélie de Montchalin, «n'est pas favorable [à cette suppression], car le caractère défavorable n'est pas étayé scientifiquement», souligne son cabinet auprès des

Échos.

«Nous créerons des options, afin de diversifier le recrutement, justifie-t-elle au

Monde

. Mais je ne pense pas qu’il faille pour autant supprimer la culture générale. Nous avons besoin de nous assurer que ceux qu’on recrute ont un esprit critique, ont une réflexion personnelle sur le monde qui les entoure.»

Renforcer le dispositif Talents

Autre proposition du rapport pour aller plus loin dans la diversification des profils : renforcer la proportion de places réservées aux boursiers du dispositif Talents, limitée à 15 % du concours externe, en créant un concours spécifique. 74 classes préparatoires ont permis à 1 700 étudiants boursiers d’intégrer l’ENA en 2021. Si le gouvernement n’exclut pas l’extension de ce dispositif, il préfère attendre d’en percevoir les premiers résultats. «Je suis favorable, à terme, à en augmenter le nombre de places, glisse la ministre. [...] Mais nous devons d’abord évaluer son efficacité.»

L’ensemble de ces préconisations ne rentreraient en vigueur qu’à compter d’avril 2023, si des décisions sont prises début 2022, précise le rapport. Le temps pour les candidats de se préparer aux éventuelles nouvelles modalités du concours d’entrée.

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