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Evaluations des élèves : l'effet crise sanitaire « résorbé »

C'est une page qui se tourne après le procès en assiduité qui avait été fait aux enseignants au printemps 2020, lorsque l'enseignement à distance s'était généralisé pour cause de confinement . « L'investissement des professeurs - car c'est à eux qu'on le doit - a permis de compenser, quasi entièrement, les effets de la crise sanitaire par rapport à l'an dernier », insistait ce lundi soir Edouard Geffray, numéro deux du ministère de l'Education, lors de la présentation des résultats des évaluations nationales.

Ces dernières avaient été mises en place par le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, dès le début du quinquennat. Elles évaluent les élèves à leur entrée en CP, en milieu de CP, à l'entrée en CE1 et à l'entrée en sixième.

« Des progrès entre 2019 et 2021 »

Après « un tassement du niveau en 2020, lié au confinement », les résultats de ces évaluations agrégés au niveau national montrent que, « hormis l'artefact du Covid, les élèves de CP et de CE1 ont progressé entre 2019 et 2021, et que ceux de sixième n'ont pas cessé de le faire depuis 2018 », s'est félicité Edouard Geffray.

C'est sur les plus jeunes élèves que la crise sanitaire a le plus pesé, au moment où se construisent les apprentissages, précise Fabienne Rosenwald, directrice de l'évaluation au ministère. Mais c'est aussi « l'endroit où les résultats se sont le plus redressés », ajoute-t-elle.

Après la baisse de niveau observée à la rentrée 2020 en CP et en CE1 et le creusement des écarts entre les élèves de l'éducation prioritaire et les autres, les élèves ont retrouvé à la rentrée 2021 « des niveaux de résultats équivalents à ceux de la rentrée 2019, voire supérieurs dans certaines compétences comme la reconnaissance des lettres (+5 points de progression par rapport à 2019) et la comparaison des nombres, détaille Fabienne Rosenwald. Les effets négatifs de la crise observée à la rentrée 2020 ont pratiquement été résorbés. »

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Pour les élèves de CP, l'évolution est la même en français et en mathématiques : une baisse enregistrée en 2020 puis une remontée en 2021 à des niveaux « qui sont au moins ceux de 2019 voire plus » (+2,5 points sur la comparaison des nombres, par exemple).

« Le travail sur les compétences qui est fait en maternelle, tout comme le plan mathématiques , commencent à payer », glisse Edouard Geffray en vantant le bilan du quinquennat.

Un effet lié aux vacances scolaires

Les inégalités se sont elles aussi réduites, assure-t-on au ministère, où l'on évoque, là encore, un retour aux écarts d'avant la crise. L'évolution est la même pour les élèves de CE1 avec, là encore, une amélioration observée sur l'aisance en lecture, la connaissance des nombres ou la résolution de problèmes.

Mais la réduction des écarts qui s'observe par exemple entre le début de CP et la mi-CP augmente de nouveau à l'entrée en CE1. A tel point que le ministère - qui va lancer une étude sur le sujet - y voit un possible « effet vacances scolaires » qui dessert les élèves les moins favorisés.

Même si les évaluations nationales ont permis de rattraper les niveaux de compétences d'avant la crise, l'étude révèle l'ampleur d'un autre défi : seuls 35,8 % des collégiens de sixième de REP + atteignent le niveau attendu en lecture, et plus de 31 % d'entre eux n'ont même pas le niveau d'un élève de CE2. Hors éducation prioritaire, à peine plus d'un élève de sixième sur deux (52,5 %) dispose du niveau requis.