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Tarn-et-Garonne. Une lettre au cœur de la suspension du proviseur du lycée Bourdelle, à Montauban

Vingt-quatre heures après nos révélations dévoilant la suspension du proviseur du lycée Bourdelle (notre édition du 15 octobre), que sait-on de plus sur ce qui a conduit le ministre de l’Éducation nationale à prendre cette décision «rarissime».Dès la mise en ligne de notre article jeudi soir, cette annonce provoque «une onde de choc» au sein de la communauté éducative. «Nous avons tous appris les raisons de cette mise à pied ce matin en lisant «La Dépêche», regrette un enseignant précisant que l’annonce de l’arrivée du nouveau proviseur a été faite, par lui-même, dans un laconique courriel transmis mardi d’une adresse émail qui n’est pas la sienne. «On a été beaucoup questionnés par les élèves, sans que nous puissions leur en dire plus, d’autant que nous pensions naïvement que cette suspension avait eu lieu en raison d’un accident ou d’une maladie », témoigne une autre prof, agacée par l’absence de communication du rectorat.Même son de cloche du côté des instances paritaires. «Nous apprenons avec stupeur que le chef d’EPLE (établissement public local d’enseignement) du plus gros établissement de l’académie (de Toulouse) a été mis à pied dans des conditions qui restent à comprendre après moins de cinq semaines de présence dans notre académie», écrit jeudi dans la nuit par courriel au Recteur, le secrétaire CHSCTsd 82 (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail académique départemental) et de l’académie. Et de réclamer des comptes à l’institution: «Nous demandons des explications et nous souhaitons une délégation d’enquête pour comprendre les allégations rapportées par la presse locale [...] Nous demandons le déploiement d’une cellule d’écoute afin de corroborer les situations de comportements et de propos choquants visant le personnel féminin du lycée de Bourdelle.»

Tarn-et-Garonne. Une lettre au cœur de la suspension du proviseur du lycée Bourdelle, à Montauban

Pas de poursuite pénale du parquet

Si depuis cette mise à pied à titre conservatoire une « enquête administrative interne a bien été lancée » pour faire la lumière sur le comportement de Christian Alaphilippe vis-à-vis du personnel féminin de son établissement, nous confirmait hier, l’inspecteur d’académie du Tarn-et-Garonne, le parquet de Montauban a également été destinataire d’un signalement au titre de l’article 40 (toute autorité ou fonctionnaire est tenue d’informer sans délai le procureur lorsqu’il est avisé d’un délit ou un crime). En l’absence, pour l’heure, d’un dépôt de plainte, le procureur n’estime pas « qu’il y ait matière à des poursuites pénales ».

Une lettre de mise au point au cœur de la mise à pied

Mais qu’est-ce qui a donc motivé le ministère à prendre cette sanction « exceptionnelle » en l’absence de plainte ? Ni le parquet ni le rectorat que nous avons tenté sans succès de joindre à plusieurs reprises, n’ont souhaité donner de précisions.Selon nos informations, tout serait parti d’un courrier écrit par l’une des secrétaires du cabinet de direction du proviseur. Dans cette lettre circonstanciée adressée à Christian Alaphilippe, la fonctionnaire se plaint du comportement déplacé et des propos grivois du chef d’établissement à son égard. Une mise au point par laquelle la collaboratrice aurait voulu clarifier, et mettre des limites, aux dérapages de son responsable hiérarchique. Par un concours de circonstances demeurant obscur, la missive aurait été interceptée par une tierce personne qui l’aurait transmise au rectorat. Quelques jours plus tard, Christian Alaphilippe était convoqué ce lundi au rectorat pour prendre acte de sa suspension immédiate. Nous avons, à nouveau, tenté de le joindre à plusieurs reprises ce vendredi, sans réponse de sa part. «Il est dévasté», nous confiait l’un de ses proches.