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Universités : le taux de réussite en licence a fait un bond en avant

Ils ont pris de plein fouet la crise sanitaire alors qu'ils étaient en première année de licence. Et pourtant, leurs résultats sont meilleurs que ceux des générations antérieures.

Tel est l'un des enseignements d' une note du ministère de l'Enseignement supérieur sur la réussite en licence, qui vient d'être publiée. « Dans le contexte de crise sanitaire, la réussite en première année de licence a fortement augmenté à la session 2020 : 53,5 % des bacheliers 2019 sont inscrits en deuxième année à la rentrée 2020, soit 8 points de plus que pour les bacheliers 2018 », souligne le ministère.

C'est quasiment 10 points de plus comparé à 2017. En mars dernier, une étude de la Conférence des présidents d'université (CPU) avait évoqué « une stabilité » des résultats de licence, sur la base de résultats partiels.

Comment interpréter ce résultat ? Est-ce la mansuétude des jurys qui a joué ? La note du ministère ne donne qu'un chiffre global de 53,5 %. Elle ne dit rien non plus des taux de réussite par discipline. Or, l'enseignement à distance n'a pas eu le même effet sur les étudiants en sciences et sur ceux de sciences humaines et sociales.

« Plusieurs facteurs »

Un bon connaisseur du monde universitaire explique ce bon résultat par « la combinaison de plusieurs facteurs ». Il y voit, certes, « un effet de bienveillance qui a été valable partout ». « On aurait peut-être eu une hausse de 3 points et non de 8, sans la crise sanitaire », admet-il. Les années à venir diront si le résultat correspond à un pic ou à une accélération de la tendance.

Car, d'année en année, la tendance est à la hausse, souligne-t-il en rappelant que les taux de passage entre L1 et L2 sont en augmentation depuis 2016 - ils étaient alors de 41 %.

Guillaume Gellé, numéro deux de la Conférence des présidents d'université, y voit aussi l'effet du « suivi des étudiants , amplifié avec la crise sanitaire », sans pour autant nier l'effet de l'appréciation des jurys.

Hausse des taux de réussite en quatre ans

Mais pour les observateurs du monde universitaire, l'essentiel est ailleurs : la note évoque une hausse de la réussite à la session 2020 pour les étudiants inscrits en licence en 2016. La progression tient aux résultats des taux de réussite en quatre ans : 44 % des bacheliers de 2016 inscrits en première année de licence à la rentrée suivante ont obtenu leur diplôme de licence générale ou professionnelle en trois ou quatre ans (29,6 % en trois ans). Soit 1,4 point de plus par rapport à la session 2019, et 1,7 point par rapport à la session 2018. Guillaume Gellé, comme d'autres, s'attend à des effets « plus significatifs » encore sur les étudiants entrés à l'université en septembre 2017, qui ont bénéficié des nouveaux dispositifs d'accompagnement.

Les résultats diffèrent toutefois selon le bac, selon l'origine sociale , et selon les disciplines. Les étudiants en droit ou en sciences politiques sont près de 47 % à obtenir leur diplôme en trois ou quatre ans, contre 40 % en sciences économiques et 41 % en sciences-santé.

« La licence n'est plus une voie d'échec »

« Les étudiants qui ont besoin d'allonger leur durée d'études parce qu'ils travaillent ou ceux qui ont besoin de reprendre des fondamentaux ne sont plus mis en situation d'échec avec l'obligation de refaire une année, ils sont inscrits dans un parcours de réussite avec une durée d'études qui correspond à leur rythme », se félicite Guillaume Gellé. Et cette nouvelle licence « modulable », en trois, quatre, voire cinq ans , change tout, explique-t-il.

« Les effets sont déjà visibles sur les étudiants entrés en licence en 2016, car le travail d'accompagnement des universités avait démarré avant la loi sur l'orientation et la réussite des étudiants, poursuit Guillaume Gellé. La licence n'est plus une voie d'échec comme on l'a souvent entendu ». Quant à l'effet Covid, sur ces cursus longs, il est jugé négligeable, car les étudiants étaient en fin de cycle licence lorsque le confinement est intervenu.

« Les étudiants ne sont plus largués comme ils pouvaient l'être il y a quelques années, confirme l'expert précité, mais la loi a permis de sélectionner et d'orienter, et on a aussi divisé par deux le nombre de bacheliers professionnels en L1 et diminué le nombre de bacheliers technologiques, deux catégories qui tiraient les résultats de licence vers le bas. »